L'éclaircissement dentaire : les différents principes actifs

January 15, 2018

Parler de blanchiment dentaire est inexact. La dent naturelle n’est pas « blanche », mais présente une mosaïque de couleurs, de transparence et d’opacité, autour d’une couleur de base appelée « ivoire ». Les traitements chimiques décrits ici ont pour but d’éliminer les colorants qui se situent essentiellement sous l’émail, avec pour résultat une dent plus claire. On modifie ainsi la saturation et la luminosité, mais la teinte, le degré de transparence et d’opacité restent, eux, inchangés.

C’est pour cette raison qu’il faut employer le terme « éclaircissement » et non pas « blanchiment ».

 

L'éclaircissement chimique : principe actif 

 

Tous les traitements chimiques d’éclaircissement, quelles que soient les techniques et les concentrations, font appel aux principes d’une réaction chimique d’oxydo-réduction entre les pigments colorants (l’agent réducteur) et la molécule décolorante (l’agent oxydant).

 

Le produit actif va être mis en contact prolongé avec la dent, afin de diffuser dans la matrice organique émail-dentine. Sur son passage, il va oxyder les pigments colorés, permettant leur solubilisation, à l’origine de l’effet éclaircissant.

 

L’objectif est l’altération de la structure tridimensionnelle des longues chaines moléculaires pigmentées et leur fragmentation en petites molécules plus claires. Ce résultat est obtenu par l’action d’un agent fortement oxydant, comme le peroxyde d’hydrogène.

 

Ce procédé ne s’applique qu’aux pigments organiques et n’aura donc pas d’effets sur les éléments prothétiques ou les restaurations. L’agent oxydant possède des radicaux libres avec des électrons non appariés qui vont être relargués, entraînant la réduction de cet agent oxydant. L’agent réducteur, c’est à dire la substance devant être éclaircie, va alors accepter ces électrons et s’oxyder, modifiant ainsi la couleur de la dent sans changer de structure.

 

Principaux agents chimiques 

 

Le péroxyde d'hydrogène :

 

À l’heure actuelle, il s’agit du principal agent utilisé pour éclaircir les structures dentaires. C’est un composé instable qui peut se dissocier sous l’action de la chaleur, de la lumière ou d’activateur chimique selon deux réactions chimiques simultanées :

 Une réaction de photodissociation ou dissociation équilibrée 

 Une réaction de dissociation anionique 

 

L’action éclaircissante cible les groupes auxochromes et chromophores des substances colorantes situées à la jonction amélo-dentinaire. De ce fait, le peroxyde d’hydrogène agit en surface et en profondeur, principalement par un phénomène oxydant, accompagné d’un effet détersif dû à la libération d’oxygène.

 

Le peroxyde de carbamide :

 

D’abord reconnu comme désinfectant, le peroxyde de carbamide (ou peroxyde d’urée) est, depuis 1991, utilisé comme produit éclaircissant et représente aujourd’hui la molécule la plus utilisée pour les traitements d’éclaircissement sur dents pulpées. Il contient du peroxyde d’hydrogène, stabilisé dans une solution de glycérine, et couplé à une molécule d’urée par syncristallisation des deux molécules, sous la forme de cristaux inodores et incolores.

 

La formule chimique du peroxyde de carbamide inclut la molécule de peroxyde d’hydrogène pour environ 30% ; ainsi, du peroxyde de carbamide à 10% délivre du peroxyde d’hydrogène à environ 3,3%.

 

Le perborate de sodium

 

Le perborate de sodium se présente sous la forme d’une poudre blanche cristallisée, antiseptique, chimiquement stable quand il est anhydre. En présence d’eau, 52 il réagit pour aboutir à la production d’un composé de métaborate de sodium et de peroxyde d’oxygène.

Technique professionnelle 

 

En préalable à tout traitement

 

Avant d’entreprendre un traitement d’éclaircissement, le chirurgien dentiste doit effectuer un examen minutieux qui va permettre d’établir les avantages, les risques et les chances de succès de la technique qui va être choisie. Il est important de les expliquer au patient, son consentement éclairé est primordial étant donné que ces traitements ont un but esthétique et intéressent le plus fréquemment des dents saines.

 

Diagnostic des étiologies

 

Le praticien doit d’abord définir avec précision l’origine de la dyschromie, sa forme, son type et le degré de coloration. Du type d’étiologie va dépendre l’attitude thérapeutique. Il également impératif de bien cerner la demande esthétique du patient avant d’entreprendre le traitement

 

Indications et applications

 

À l’heure actuelle, nombreuses sont les colorations pathologiques et les colorations naturelles qui peuvent être traitées avec succès par un éclaircissement chimique.

L’indication idéale reste la coloration naturelle uniforme due au vieillissement, mais des résultats tout à fait satisfaisants sont également obtenus sur des colorations pathologiques, comme les colorations génétiques ou les colorations post traumatiques avec conservation de la vitalité pulpaire.

 

Les colorations médicamenteuses par tétracyclines peuvent être traitées de façon simple dans les cas de colorations légères et uniformes correspondant aux degrés I et II de la classification de Boksman. De même, les fluoroses, si elles sont légères et sans altération grave de la structure, sont des indications au traitement d’éclaircissement, auquel on peut associer un traitement par microabrasion. Cependant, les colorations pathologiques d’origine intrinsèque nécessitent souvent la mise en œuvre d’un traitement plus long, et ce corollairement au degré de saturation et de coloration de la dent. Ces techniques d’éclaircissement peuvent être aussi associées à des traitements orthodontiques de réalignement ou à des traitements prothétiques.

 

Avant une restauration esthétique, par résine composite ou par facettes ou coiffes céramiques, l’éclaircissement chimique permet d’obtenir plus efficacement un bon rendu naturel et esthétique.

 

En effet, pour masquer une dent trop sombre, la réalisation d’une facette céramique sera plus facile et moins mutilante si la dent a été préalablement éclaircie. En outre, l’éclaircissement chimique peut atténuer le décalage colorimétrique entre des dents porteuses de prothèses et des dents naturelles colorées par le temps. Ainsi, lors de la présence de prothèses en secteur esthétique, un éclaircissement sélectif des dents naturelles adjacentes colorées peut être effectué pour rattraper une différence de couleur.

 

Contre indications

 

Relatives

 

Les sensibilités connues aux principes actifs. 

Les patients mineurs, ceci constituant une contre-indication d’ordre juridique.

Les femmes enceintes ou allaitantes. 

Les dents restaurées par des obturations coronaires volumineuses, surtout dans le secteur antérieur.

Les dents présentant des lésions cervicales d’usure ou des îlots dentinaires d’abrasion. 

Les dyschromies dues principalement à la diffusion des sels métalliques d’amalgame : l’argent présent dans l’amalgame risque de provoquer une coloration grise de la dent au moment de son oxydation.  

Les dyschromies très accentuées, saturées et peu lumineuses, notamment celles en bandes.

Elles sont traitées préférentiellement par des solutions prothétiques (facettes).

Cependant, l’éclaircissement chimique peut amener une atténuation de la teinte dentaire sous-jacente, permettant une réduction de l’élimination tissulaire et un meilleur aspect global des restaurations. 

 

Absolues :

 

Les dents présentant d’importantes altérations tissulaires, des fractures, des fêlures.  

Les traitements d’orthodontie en cours.  

Certaines pathologies générales : porphyrie congénitale, érythroblastose fœtale, ictère hémolytique. Les jeunes patients en dessous de 15 ans, à cause de l’immaturité des tissus et d’un volume pulpaire important.

Les dents révélant dès l’examen clinique préopératoire une hypersensibilité dentinaire initiale.

Les dents présentant des obturations non étanches, des caries initiales ou récidivantes.

Le traitement des lésions carieuses et la réalisation de restaurations étanches sont des conditions sine qua non à tout traitement.  

Les fumeurs invétérés, le tabac étant susceptible d’interagir avec le peroxyde d’hydrogène. En cas de contre indications absolues au traitement chimique d’éclaircissement, le patient pourra se voir proposer des traitements prothétiques, tels des facettes ou des couronnes en céramique. Ces solutions, certes très satisfaisantes d’un point de vue esthétique permettant notamment de modifier la forme de la dent en plus de sa couleur, restent néanmoins beaucoup plus délabrantes.

 

Source : http://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUPHA_TD_2012_DUC_THIBAUD.pdf Thibaud Duc 

 

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