Comparaison des différents systèmes d'éclaircissement dentaire professionnels

January 15, 2018

D’une façon générale, on distingue les techniques immédiates au fauteuil : l’éclaircissement est réalisé au cabinet, et les techniques ambulatoires : l’agent éclaircissant, de plus faible concentration, est appliqué par le patient lui-même à l’aide d’une gouttière en polyvinyle souple.

 

L’agent éclaircissant est ainsi maintenu en contact avec la face vestibulaire des dents concernées. Il est à noter que l’on distingue les traitement des dents vitales des traitements des dents non vitales, qui ne sont pas développés ici, et pour lesquels les produits et les techniques varient.

 

Le choix d’une technique par rapport à une autre va dépendre du type de coloration, du résultat voulu, et bien souvent du désir du patient, qui préfère de plus en plus une ou deux séances au fauteuil plutôt que le port d’une gouttière sur plusieurs jours.

 

 

Technique ambulatoire 

 

C’est la technique qui a fait le succès des éclaircissements dentaires et qui reste une technique simple d’utilisation pour le praticien et le patient. Présentée pour la première fois par Haywood et Heymann en 1989, elle consiste à maintenir l’agent éclaircissant (du gel de peroxyde de carbamide de 10 à 22%) au contact des dents, au moyen de gouttières en polyvinyle souple thermoformées sur l’empreinte des dents.

Le patient met en place lui-même les gouttières qu’il doit porter soit uniquement la nuit, pendant environ 8h, soit la journée. Le temps de traitement va dépendre du produit utilisé (de sa concentration en peroxyde d’hydrogène), mais aussi de la teinte initiale.

L’efficacité la plus importante est obtenue lorsque l’étiologie est soit une saturation naturelle de la couleur des dents, soit une coloration due au vieillissement physiologique.

 

La concentration du peroxyde de carbamide est choisie en fonction du temps de port journalier souhaité : plus le temps d’application est court, plus la concentration en peroxyde doit être élevée. En principe, les produits à action lente seront à porter toute la nuit, quant à ceux à action rapide, c’est à dire avec une concentration en peroxyde de carbamide supérieure à 16%, ils seront portés le jour en général d’une demi heure à deux heures, parfois deux fois par jour, selon la concentration. Le port de nuit avec des concentrations de 10 à 16% semble très efficace, compte tenu de la baisse du débit salivaire et de l’augmentation du temps de contact du produit avec la dent permettant une diffusion en profondeur du principe actif.

Il est fortement conseillé de choisir un gel contenant des agents désensibilisants (nitrate de potassium…) ou des minéralisateurs (phosphate de calcium amorphe…).

 

Réalisation des gouttières 

 

Au cours d’une première séance, le praticien prend des empreintes à l’alginate des maxillaires à traiter. Les collets des dents doivent être parfaitement enregistrés pour une bonne adaptation de la gouttière.

Les empreintes sont coulées en plâtre dur sans socle puis taillées de manière à n’avoir que les arcades dentaires.

 

On réalise ensuite des petits réservoirs sur les faces vestibulaires dents à éclaircir à l’aide d’une résine photopolymérisable. Généralement, on dépose une épaisseur de 0,5 à 2 mm de cette résine, à une distance de 1 mm environ de la gencive marginale, des limites proximales, du bord libre ou de la face occlusale des dents concernées.

 

Deuxième séance :

 

Les gouttières sont essayées et ajustées en vérifiant l’étanchéité au niveau des limites vestibulaires et linguales pour éviter les fuites de peroxyde d’hydrogène. Elles doivent exercer une action constrictive dans la zone critique du collet.

 

Il faut également éduquer le patient et l’informer de la procédure à suivre. Il doit notamment se brosser les dents avant le port de la gouttière. Les gels conditionnés en seringue doivent être conservés dans un endroit frais à l’abri de la lumière.

On montre au patient comment mettre en place le gel dans la gouttière et quelle quantité appliquée en fonction du type de seringue. On lui fait également placer les gouttières, par pressions digitales verticales et horizontales sur les réservoirs, et on lui montre comment éliminer les excès de gel par brossage léger. 

 

Contrôles

 

Il s’agit ensuite de séances de contrôle, à réaliser toutes les semaines. Elles permettent d’évaluer la couleur des dents, et de déceler d’éventuelles lésions des tissus mous, des sensibilités dentaires ou des problèmes liés au port de la gouttière. Les modalités du traitement peuvent ainsi être adaptées en fonction de l’évolution de l’éclaircissement et des signes cliniques.

 

Il est recommandé d’éclaircir l’arcade supérieure, puis l’arcade inférieure en différé, afin que le praticien et le patient puissent apprécier l’évolution par comparaison.

 

Par ailleurs, le port simultané des deux gouttières peut entrainer des problèmes de gêne occlusale.

 

Le traitement ambulatoire dure en moyenne une dizaine de jours, mais peut être prolongé sur plusieurs semaines en cas de colorations sévères. Même si 80% des résultats sont obtenus les cinq premiers jours, le patient doit bien suivre le traitement jusqu’à son terme pour obtenir une meilleure tenue des résultats dans le temps. A la fin du traitement, les dents sont polies à l’aide d’une pâte à polir, et le patient peut porter les même gouttières pendant encore trois à quatre jours, chargées d’un gel fluoré pendant une ou deux heures par jour, afin de reminéraliser l’émail de surface et de réduire les sensibilités éventuelles.

 

Après traitement, une hygiène rigoureuse, accompagnée de détartrages/polissages réguliers permettent de prévenir les colorations de surface ; cependant il faut préciser au patient que les résultats ne sont pas définitifs, la dent étant un tissu vivant susceptible d’évoluer dans le temps.

 

Technique au fauteuil ou immédiate

 

L’éclaircissement immédiat au fauteuil est une technique pouvant être proposée à certains cas sévères ou à des patients pressés. Cette technique permet entre autres avantages un résultat plus rapide, le contrôle du contact des agents avec les tissus mous et celui de l’ingestion éventuelle de produit.

 

De nombreuses techniques ont été développées depuis les années 1970 et depuis peu, des traitements se réalisent à des concentrations bien inférieurs et sans protection gingivale. 

 

Il existe également des produits sous forme de poudre et de liquide à mélanger, considérés comme plus stable, et utilisés notamment dans la technique de Baratieri : le mélange a la propriété de changer de teinte ; de vert turquoise au début de l’activation, il devient blanc lorsqu’il n’est plus actif, ce qui indique qu’il doit être renouvelé.

 

Ces diverses techniques se distinguent par les produits spécifiques utilisés, mais sont aussi caractérisées par des systèmes d’activation particuliers et des protocoles opératoires précis.

Ainsi on trouve aujourd’hui de nombreux mode d’activation des peroxydes d’hydrogène, qui permettent d’accélérer et de potentialiser l’effet éclaircissant. A l’origine on utilisait les lampes halogènes classiques destinées à la photopolymérisation des composites ; puis sont apparus des lampes à haute énergie : halogène, plasma, laser, xénon, UV, et aujourd'hui des lampes biophotoniques à lumière LED qui permettent d’éclairer les deux arcades simultanément. 

 

Dans tous les cas, l’important est d’avoir une bonne adéquation entre le gel choisi, sa concentration, et son mode d’activation, qui doit être adapté en puissance et en longueur d’ondes. Protocole opératoire :

Le chirurgien dentiste et son assistante doivent porter comme à l’accoutumée masque, gants et lunettes de protection.

Le patient doit porter également des lunettes de protection, et ses muqueuses doivent être protégées par un écarteur automatique et une protection gingivale qui peut prendre la forme d’une digue classique en caoutchouc, ou d’une digue photopolymérisable. (il existe aujourd'hui des traitements sans protection gingivale).

 

Les surfaces dentaires doivent être nettoyées avec une pâte à base de ponce, puis séchées. Il faut éviter les pâtes prophylactiques contenant de la glycérine qui diminue l’efficacité du peroxyde.

 

Le produit éclaircissant est ensuite déposé à l’aide d’un pinceau ou d’une spatule sur les surfaces amélaires. On met en place également le système d’activation éventuel.

Le temps d’action varie entre 3 et 15 minutes. Les applications de peroxyde peuvent être renouvelées de 4 à 5 fois au cours d’une même séance.

 

Les gels de dernière génération contiennent des désensibilisants et des reminéralisateurs de surface qui permettent de diminuer les sensibilités liées à la forte concentration en peroxyde de ces techniques. Néanmoins, des sensibilités peuvent quand même se manifester, obligeant l’arrêt de la procédure. D'autres ne requiert pas ce type d'agents étant donné qu'ils ne sensibilisent pas l'émail et ne la déshydrate pas.

 

Source : http://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUPHA_TD_2012_DUC_THIBAUD.pdf Thibaud Duc 

 

 

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